L’amiante est interdite dans la construction depuis plus de 20 ans, mais continue à représenter un danger sur les chantiers BTP. Le programme Carto Amiante, qui a pour objet d’établir une cartographie de l’empoussièrement d’amiante dans le secteur, vient de sortir son deuxième rapport. Les résultats sont encourageants, et témoignent d’un processus de travail sécurisé sur l’ensemble des situations étudiées. 

A – Six nouvelles situations s’ajoutent à la liste étudiée

Selon l’INRS, on compte en moyenne 50 kg d’amiante par habitant en France sur l’ensemble des bâtiments existants. Et l’exposition à ces fibres continue aujourd’hui encore de causer jusqu’à 3 000 décès par an. 

L’importance des risques justifie la mise en place des programmes destinés à prévenir l’exposition des travailleurs, dont le projet Carto Amiante. Dans de nombreux cas, il est indispensable de procéder à un désamiantage

Le projet Carto Amiante a été conjointement lancé en 2014 par la Direction générale du travail et plusieurs organismes de sécurité, dont l’INRS et l’OPPBTP. Un premier rapport a été présenté en 2017, suite à des mesures d’empoussièrementsur les situations suivantes : 

  • démoussage de toiture ;
  • démontage de toiture ;
  • perçage de peinture ou d’enduit intérieur ;
  • découpe ou démontage d’une canalisation en amiante-ciment.

Le deuxième rapport qui vient d’être publié inclut les résultats d’analyses effectuées sur six nouvelles situations : 

  • perçage d’enduit extérieur ;
  • grattage et perçage de colle carrelage faïence ;
  • vissage/dévissage de dalles ;
  • recouvrement de dalles/revêtement de sol ;
  • décollement de quelques dalles.

Au total, le programme Carto Amiante compte aujourd’hui onze fichiers. 

B – Un faible niveau d’empoussièrement

Ce dernier rapport résulte d’une étude menée auprès de 155 entreprises et 324 chantiers. Il montre uniquement des empoussièrements de niveau 1 (10 situations) et niveau 2 (une seule situation). 

Rappelons que le niveau 1 correspond à moins de 100 fibres par litre, et le niveau 2 de 100 à 6000 fibres par litre. Certains mesurages ont même montré une quasi-absence de fibres. 

Ce faible niveau d’empoussièrement traduit une meilleure maîtrise des processus de travail, dont la mise en place de techniques appropriées à la suite d’un diagnostic amiante, à savoir : 

  • l’humidification ;
  • l’aspiration à la source ;
  • la combinaison de ces deux procédés.

D’autres mesures préventives existent également, comme : 

  • le port d’un masque ;
  • la préparation des surfaces à travailler.

À la lumière de ces résultats, le rapport conclut que des solutions techniques simples ont été appliquées pour la prévention des dangers liés à l’amiante. En même temps, les chantiers ont connu une amélioration des procédés de traitement de l’amiante.

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