Dans un contexte de crise sanitaire, la qualité de l’air dans les immeubles résidentiels et ERP devient un enjeu fondamental. Et même au-delà de la pandémie, ce critère est essentiel pour garantir aux personnes un environnement propice à leur santé et leur bien-être. Une mesure de la QAI respectant certaines règles est indispensable à plus d’un titre.

L’importance de la mesure de la QAI à la phase de réception

Chaque mouvement respiratoire nécessitant en moyenne 0,5 litre d’air, chaque individu en inhale quotidiennement 15 kilogrammes. Or, 90 % du temps est passé dans les bâtiments, raison pour laquelle la qualité de l’air intérieur (QAI) doit être mesurée. En effet, dans les espaces bâtis, on subit aussi bien les sources internes qu’externes de pollution. Il est donc indispensable d’évaluer les concentrations de ces différentes substances, ainsi que leurs éventuels effets sur la santé des occupants.

La rénovation est importante pour supprimer ou réduire les sources d’émission de polluants. Mais dans le neuf, l’étape de la réception est cruciale. Elle permet notamment de contrôler :

  • les solutions choisies lors de la phase de conception (matériaux, équipements), leur mise en œuvre pendant la construction et éventuellement, leur conformité avec les normes imposées par une certification ou un label ;
  • le fonctionnement des installations avant la remise des clés aux futurs occupants.

Ces vérifications mettent en exergue les émissions produites par le bâtiment avant de passer à l’aménagement et l’ameublement des lieux.

Les conditions d’un diagnostic de la QAI fiable

Une mission de mesure de la qualité de l’air doit être planifiée et correctement préparée afin qu’elle se déroule dans des conditions optimales et donne des résultats fiables. Elle ne peut être réalisée qu’après finition et nettoyage du chantier, car la présence de produits, matériels et gravats peut accroitre la concentration de substances polluantes dans l’atmosphère. De même, aucun occupant ni mobilier ne doit se trouver sur place pour éviter de fausser les chiffres.

Au préalable, une période de surventilation de 7 jours doit être observée avant la mesure afin qu’elle soit représentative de la qualité de l’air que les occupants vont respirer. Ensuite, le remplacement des filtres du dispositif de traitement de l’air précède l’instrumentation de l’immeuble. Enfin, pendant les mesures, le système de ventilation doit fonctionner comme en situation normale, avec des occupants.

S’agissant des polluants à prendre en compte pour un diagnostic de la qualité de l’air des ERP, ils sont nombreux. Il est notamment recommandé de reprendre tous les composés présents dans les produits de constructions, ainsi que le dioxyde d’azote et les particules fines, par exemple si le projet est situé près de grands axes routiers. Enfin, une liste et des techniques de prélèvement spécifiques peuvent être imposées si les promoteurs visent une certification ou une labellisation.

L’intérêt de l’identification des sources de pollutions de l’air intérieur

Une surveillance de la QAI ne doit pas simplement s’attacher à s’assurer que les concentrations de polluants respectent les valeurs de référence fixées par les autorités sanitaires ou les organismes délivrant le label ou la certification souhaitée. En effet, il s’agit d’un outil de validation des choix effectués en matière de renouvellement de l’air ambiant à l’intérieur des bâtiments.

Pour autant, en amont, un travail de caractérisation de la pollution autour de la future construction est primordial. Il permet de sélectionner les solutions techniques les plus pertinentes pour minimiser l’impact à l’intérieur des polluants extérieurs.