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De nombreuses particules, pratiquement invisibles à l’œil nu, flottent en permanence dans l’air que respirent les travailleurs sur les chantiers de construction et de BTP, mais également sur les sites de production industrielle et dans les carrières d’extraction.
Parmi les poussières reconnues pour le risque élevé qu’elles représentent pour la santé, la silice cristalline a fait récemment couler beaucoup d’encre.

1 – Qui sont les plus exposés ?

La silice cristalline est une substance minérale que l’on retrouve presque partout dans la nature, dont une bonne partie dans la croûte terrestre. Les pierres utilisées dans la construction dans les BTP et la plupart des roches employées pour la décoration des maisons et des immeubles renferment également une quantité variable de cet élément.
Ainsi, les ouvriers dans les mines d’extraction de roches ou de minéraux et ceux sur les chantiers de construction immobilière ou de démolition de bâtiments et de travaux publics sont particulièrement exposés à cette substance. Ils sont actuellement près de 200 000 salariés à travailler en présence de cette poussière. Les personnes qui vivent aux alentours de ces sites courent également le risque d’être contaminées.

2 – Les effets de la silice cristalline sur la santé

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a récemment dénoncé le caractère particulièrement dangereux de l’exposition à cette poussière minérale. Compte tenu de l’importance des risques, l’organisme a alerté les autorités sanitaires concernant la prévention des risques de silice cristalline.
Cet élément étant déjà connu pour être un agent chimique pouvant causer des silicoses. Aujourd’hui, il a été prouvé qu’elle est également à l’origine de maladies respiratoires plus ou moins graves, dont :
  • des bronchopneumopathies chroniques obstructives ;
  • des silicoses ;
  • des cancers broncho-pulmonaires.

L’Anses a ainsi préconisé la mise en place de mesures complémentaires au respect de la valeur limite d’exposition professionnelle (VLEP-8h) de 0,1 mg.m3 à ce minéral.

3 – Les mesures qui doivent être mises en place

Parmi les solutions à mettre en œuvre pour la protection des travailleurs exposés, l’Anses a recommandé :
  • le renforcement de la réglementation entourant l’utilisation de matériaux comprenant de la silice cristalline.
  • l’augmentation de la VLEP des roches et des minéraux qui en contiennent.
  • la mise en place de campagnes de sensibilisation et de prévention auprès des professionnels (employeurs et salariés).

Autre proposition : un diagnostic de silice cristalline devra être effectué sur les chantiers d’extraction et de construction ou démolition afin d’évaluer les dangers. En outre, les modes de travail et les moyens de protection des travailleurs sur les sites à risques doivent être améliorés. Le travail à l’humide et le captage à la source des agents chimiques pourraient par exemple être privilégiés.

Enfin, un dépistage des maladies susceptibles d’être causées par la silice cristalline est recommandé. Cela concerne les personnes ayant été ou qui sont encore exposés aux risques de contamination.