Le gouvernement fait de la lutte contre les passoires thermiques une priorité dans le cadre de la transition énergétique. Avec la Loi Climat et Résilience, après le gel des loyers à compter de 2022 viendra l’interdiction de mise en location de ces logements énergivores. L’impact de ces mesures sur le marché immobilier tricolore se fait déjà sentir avec une forte hausse des ventes.

Forte hausse du volume de ventes de passoires thermiques

Redoutant les différentes pénalités prévues pour les propriétaires de passoires thermiques à partir de cette nouvelle année, ces derniers s’empressent de les céder. À travers l’Hexagone, le nombre d’annonces de ventes de biens classés F ou G a enregistré une augmentation annuelle de 8 % pour les trois premiers trimestres de 2021.

La hausse du volume d’annonces immobilières portant sur ce type de logements est particulièrement marquée dans 4 villes :

  • Paris (+ 72 %),
  • Nantes (+ 70 %),
  • Le Havre (+ 66 %),
  • Angers (+ 52 %).

Néanmoins, la faiblesse de l’offre sur le marché est telle, au regard de la demande, que ce bond ne risque pas de causer un déséquilibre.

Nette décote pour les biens énergétiquement moins vertueux

En revanche, la forte consommation énergétique entraîne une dépréciation. En effet, les acheteurs potentiels sont probablement peu enclins à payer des factures de chauffage exorbitantes ou craignent de ne pouvoir proposer le logement à la location. Pour les convaincre, les vendeurs sont souvent contraints de baisser leur prix.

Les chiffres sont édifiants : à surface équivalente, la différence de prix au mètre carré atteint 380 € entre un logement étiqueté A et son équivalent classé F (+11 %). Dans certaines localités, la moins-value est très importante :

  • -55 % à Nîmes,
  • -49 % à Limoges,
  • -41 % au Havre où un bien classé A coûte 54 % plus cher qu’un logement similaire énergétiquement moins performant (étiquette G).

Des délais de vente réduits, y compris pour des logements énergivores

Entre le 1er janvier et le 30 septembre 2021, par rapport à la même période en 2020, la longévité moyenne des annonces immobilières s’est réduite. La pénurie d’offres observée depuis des mois sur le marché de la pierre pourrait expliquer la rapidité de la conclusion des transactions, indépendamment de l’efficacité énergétique des biens concernés.

Entre 2020 et 2021, le délai de disponibilité d’un logement classé A a diminué de 23 %, contre 37 % et 38 % respectivement pour des biens étiquetés B et C. Pour une habituation portant l’étiquette D, il est raccourci de 39 %. Enfin, dans les classes F et G, la réduction du délai de vente est estimée à 45 % et 51 %.

Les outils pour faire baisser la consommation énergétique des logements

En parallèle, les efforts en faveur des économies d’énergie sur les bâtiments résidentiels se poursuivent. Les aides publiques se multiplient pour financer les travaux et différents outils sont à la disposition des propriétaires et copropriétaires pour évaluer la qualité énergétique d’une maison, d’un appartement ou d’un immeuble. Pour cela, il existe le diagnostic énergétique, qui doit d’ailleurs figurer parmi les documents à fournir aux candidats à l’achat ou à la location d’un bien avec les autres diagnostics immobiliers obligatoires.

Au-delà d’un simple état des lieux, le diagnostiqueur est en mesure de préconiser des travaux visant à faire baisser la quantité d’énergie consommée par le bien. Au travers du contrat de performance énergétique, des sociétés spécialisées s’engagent à un accroissement de l’efficacité énergétique d’un bâtiment.