Depuis 1997, l’utilisation de la fibre d’amiante est interdite en France, avec une entrée en vigueur en 2005. La même mesure s’applique dans de nombreux pays à travers le monde, dont la majorité des pays industrialisés, à l’exception de quelques puissances qui continuent à le miner, dont la Russie, le Brésil, la Chine… Dans l’Hexagone, malgré une législation stricte, le chemin vers son éradication est encore long.

Un usage massif et très diversifié de l’amiante en France

Une bonne partie du parc immobilier français, en particulier les logements sociaux, présente des problèmes relatifs à l’amiante. C’est également le cas de la grande majorité des friches industrielles, des établissements scolaires, des bureaux, des gares… Outre les bâtiments (enduits, peintures, flocage, plâtres, colles, cloisons coupe-feu…) l’amiante est présente dans les enrobés routiers, le transport (trains, navires), pour l’isolation ou la protection contre la chaleur dans les appareils ménagers (fours, chauffage, sèche-cheveux), les vêtements, et même dans certains vins et produits pharmaceutiques.

Les cas d’usages de ces fibres depuis le début de l’utilisation industrielle de l’amiante sont tellement nombreux que la France n’a pas prévu de plan d’éradication complète. Toutefois, lorsque des matériaux ou un site contiennent ou laissent échapper une trop grande quantité de fibres, un désamiantage est nécessaire. Cette opération, précédée d’un diagnostic amiante, peut être confiée à l’un des 5 000 professionnels du BTP et du traitement de déchets agréés par Qualibat, Afnor Certification ou Global Certification.

Les difficultés du désamiantage malgré les efforts du législateur

La législation se durcit continuellement, c’est même l’une des plus sévères au monde, ce qui conduit certains à la contourner. Les spécialistes du désamiantage dénoncent ainsi des cas de non-déclaration de l’amiante.

Autre problème, l’envoi des déchets amiantés vers des pays moins regardants en matière de conditions de désamiantage se complexifie. La conséquence est l’obligation pour la France de développer sa propre filière en créant des sites de démantèlement.

C’est le cas de l’ancienne cale de lancement des Ateliers et chantiers du Havre (ACH). Le groupe Baudel et Environnement, spécialiste de la gestion et la valorisation des déchets, implanté dans les régions des Hauts-de-France et de Normandie, s’en sert pour la déconstruction de huit navires patrouilleurs et remorqueurs pour le compte de la Marine nationale.

À Grémonville, dans le département de Seine-Maritime, l’entreprise a signé un contrat avec la SNCF pour démanteler un bon millier de trains « petits gris » et rames de TGV de première génération. Des métros et RER anciens ont également été traités. Malgré les efforts de la SNCF et la RATP pour le désamiantage des équipements roulants dans le cadre de leur rénovation, il en reste des quantités importantes dans les enduits bitumineux ou à l’intérieur d’éléments électriques dont le retrait peut porter atteinte à l’ensemble du matériel.