Renforcer les dispositifs de protection des intervenants de terrain, inventorier les méthodologies de désamiantage, assurer un meilleur suivi des chantiers… C’est ce qui ressort en partie des réunions de travail organisées par les professionnels du désamiantage et visant à uniformiser les bonnes pratiques en la matière.

Le désamiantage dans tous ses états

A quelques mois du salon des professionnels de l’amiante, le travail en coulisse a déjà bien avancé, avec notamment l’élaboration de règles techniques du désamiantage, lesquelles attendent d’être officialisées. Ayant pour objectif d’harmoniser les pratiques, ou tout du moins de les normaliser, ces règles couvrent différents aspects du processus de désamiantage : du dépoussiérage au transport des déchets amiante, en passant par les contrôles.

Réservé aux professionnels, le désamiantage concerne tous les immeubles construits ayant un permis de construire délivré avant le 1er juillet 1997, année d’interdiction de l’utilisation de l’amiante en France. Cette opération consiste dans un premier temps à détecter la présence d’amiante dans un immeuble ou un local puis, en fonction de la quantité décelée, de procéder à son retrait par des professionnels certifiés. Ces derniers, regroupés en organisations professionnelles, sont à l’origine de l’initiative visant à harmoniser les pratiques en matière de désamiantage.

Le Syrta et le Seddre à la manœuvre

Différentes méthodes sont mises en œuvre pour détecter et enlever l’amiante. Ces procédés varient en fonction de plusieurs paramètres :

  • la quantité d’amiante détectée,
  • le type de matériau amianté,
  • le risque de dispersion de fibres d’amiante dans l’air.

Par ailleurs, la règlementation amiante (section 3 du CdT) détermine toutes les règles et procédures à respecter et à anticiper avant d’intervenir sur des chantiers de désamiantage. Cependant, l’absence de documents généraux empêchait les professionnels du secteur d’avoir des « repères » clairs.

C’est désormais chose du passé puisque, grâce au concours du Syndicat du retrait et du traitement de l’amiante et des autres polluants (Syrta) et du Syndicat des entreprises de déconstruction, dépollution et recyclage (Seddre), les premières règles techniques de désamiantage, une sorte de guide des bonnes pratiques, verra bientôt le jour.

Les points essentiels

Si le contenu de ces nouvelles règles, au nombre de 14 en tout, n’a pas encore été dévoilé, certaines dispositions sont d’ores et déjà connues. Ainsi, les règles 4 et 5 mettent l’accent sur les dispositifs de confinement et l’aéraulique des chantiers. Lorsque l’opération de désamiantage émet plus de 100 fibres d’amiante par litre d’air, la mise en place d’une zone de confinement est obligatoire. Ce procédé consiste à isoler la zone des travaux en filtrant l’air contaminé et en introduisant de l’air propre de manière à éviter la dispersion des fibres.

Autre point mis en exergue : les différentes approches d’enlèvement de l’amiante. La règle technique n°9 offre un panorama complet des différentes techniques permettant retirer de l’amiante en fonction du niveau d’empoussièrement du chantier. Chaque procédé – encapsulage, sablage, recouvrement, décapage à haute pression, etc. – fait l’objet d’une analyse détaillée, avec ses avantages et ses inconvénients.

Ce guide des bonnes pratiques du désamiantage a le mérite d’offrir un cadre technique clair aux professionnels du secteur, tout en contribuant à normaliser le métier.