Bien que l’amiante soit interdite en France depuis 20 ans, les mesures visant à limiter l’exposition des personnes et de l’environnement sont plus strictes que jamais. Mais contrairement à ce matériau, d’autres substances dangereuses pour la santé humaine et la planète sont négligées. Or, la pollution des sols, en milieu urbain notamment, représente une problématique de taille.

Importance croissante du désamiantage des bâtiments

La lutte contre l’amiante est bien engagée, mais ce produit hautement cancérigène fait encore de nombreuses victimes. En effet, jusqu’à 30 à 40 ans après l’inhalation de ses fibres, des personnes peuvent être atteintes de maladies respiratoires graves, notamment d’un cancer du poumon et d’un mésothéliome pleural malin. Selon les experts, parmi les nouveaux cas diagnostiqués de ce cancer de la plèvre (la membrane qui recouvre les poumons), 9 hommes malades sur 10 ont été exposés à l’amiante durant leur vie professionnelle, 50 % d’entre eux ayant été employés du BTP.

Cette forte toxicité explique l’enjeu du désamiantage dans le respect de règles strictes visant à assurer la sécurité des intervenants et du reste de la population. Les entreprises qui effectuent les travaux de retrait ou de confinement d’amiante doivent ainsi être certifiées et se plier aux exigences de la norme NF X46-010. Le diagnostic amiante et son élimination sont d’autant plus cruciaux à l’heure actuelle avec l’accélération de la rénovation énergétique des logements.

La pollution des sols urbains, une problématique majeure

Outre l’amiante, d’autres produits nocifs, voire cancérigènes (hydrocarbures, plomb et métaux lourds, mercure, nickel, benzène et trichloréthylène, arsenic, chrome…) doivent faire l’objet d’une réglementation adaptée, compte tenu de leur impact sanitaire.

En particulier dans les villes, les sols sont contaminés par ces matériaux et substances, sans qu’une loi spécifique n’encadre leur gestion durable. Or, avec la densification urbaine, des sites industriels vont accueillir de nouvelles constructions ou espaces collectifs (squares, parcs, jardins…). Enfin, le souhait des citadins de cultiver en ville pose la question de la qualité des sols.

Mobilisation de spécialistes pour des projets de dépollution complexes

Il reste que la diversité des milieux et des sources de pollution et de leur dégradation, des voies de transfert, etc., complique le « nettoyage » en profondeur nécessaire. Pour certains sites présentant un risque élevé, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) conduit d’ailleurs la maîtrise d’ouvrage des opérations de dépollution.

Outre l’Ademe, l’intervention d’experts dans le traitement des friches industrielles polluées est indispensable pour les projets de réhabilitation et de remise en état. Ces missions impliquant également un désamiantage et une démolition en plus de la dépollution, sans compter l’aménagement urbain, une équipe pluridisciplinaire doit être mobilisée.Au sein des entreprises, de plus en plus nombreuses, qui œuvrent dans le domaine de la dépollution amiante, du déplombage, etc., les compétences et les équipements sont au rendez-vous. Les principaux défis qui restent sont une prise de conscience globale et un encadrement plus sévère.