Selon une étude tout juste publiée par l’Anses, dans les espaces publics extérieurs, la population est exposée au plomb contenu dans les poussières contaminées. L’Agence souligne un risque accru pour les jeunes enfants, ainsi que certains professionnels. Afin de réduire rapidement et durablement le danger, elle émet dans son rapport une série de recommandations.

Les espaces publics extérieurs, source d’exposition des populations au plomb

Le ministère de la Santé et celui du Travail ont mandaté l’Anses pour une analyse de l’exposition des personnes au plomb dans les espaces publics extérieurs. Cet élément toxique est en effet présent dans les poussières provenant de multiples sources :

Ces poussières polluent l’atmosphère et se déposent sur toutes les surfaces à l’air libre, telles que les voies de circulation, la voirie, le bâti, le mobilier urbain, les espaces verts, les aires de jeux… Or, pour l’Agence, le contact répété avec lesdites surfaces entraîne un risque de contamination au plomb élevé pour certaines populations. Elle mentionne notamment les enfants, qui passent beaucoup de temps dans ces milieux, et qui ont tendance à mettre leurs doigts dans leur bouche. Or, le premier mode d’exposition identifié par l’Anses est l’ingestion des poussières. Certains travailleurs sont également concernés.

L’Agence indique que l’exposition se traduit par une hausse de la « plombémie » (taux de plomb dans le sang). Toutefois, elle estime qu’une évaluation précise de la contribution des poussières extérieures est pour l’heure impossible, faute de données suffisantes et de modèles de calcul adaptés. Elle ne peut donc être comparée aux autres sources d’exposition possibles, par exemple la nourriture, l’eau de boissons ou encore l’intérieur des bâtiments.

Mesures de lutte contrela contamination au plomb due aux poussières extérieures

Malgré le manque d’informations exhaustives, l’Anses attire l’attention de tous sur la nécessité d’agir en urgence pour diminuer l’exposition des personnes aux poussières extérieures.

Ainsi, elle rappelle à tous les citoyens l’importance des gestes préventifs définis par le Haut Conseil de Santé Publique : se laver souvent les mains, ne pas porter ses chaussures souillées dans le logement, etc. Pour les personnes vulnérables ou plus exposées citées précédemment, un dosage sanguin du plomb est préconisé.

Dans le cas des techniciens et ouvriers affectés à des tâches impliquant un contact avec les poussières contaminées, l’Agence prône en priorité un diagnostic plomb dans chaque environnement après actualisation des valeurs biologiques à prendre comme référence. En outre, le suivi médical de chacun d’entre eux doit être renforcé.

S’agissant de la cathédrale de Notre-Dame, les conclusions de l’Anses dans cette expertise seront intégrées aux résultats des initiatives menées sous la surveillance de l’ARS Île-de-France aux fins de mesure de la concentration en plomb dans la capitale et ses environs.

Enfin, l’Agence souligne la criticité de la possession de données pouvant aider à modéliser l’exposition au plomb liée aux particules déposées sur le sol et les différentes surfaces extérieures.