Pour l’Exécutif, diminuer l’impact environnemental de la construction des nouveaux bâtiments est une priorité. En effet, ce secteur représente près de 30 % des émissions totales de gaz à effet de serre (GES) de la France. C’est dans cet objectif qu’a été mise en place la norme RE2020, récemment présentée par les ministres Barbara Pompili et Emmanuelle Wargon.

RE2020, une norme pour répondre aux enjeux climatiques

Au début de l’été 2021, six mois après la date initialement prévue, la réglementation RE2020 pour le bâtiment entrera en vigueur, remplaçant l’actuelle RT2012. Les ambitions derrière la décarbonation du bâti neuf tout au long de son cycle de vie et la recherche d’une meilleure efficacité énergétique sont diverses :

  • contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique,
  • réaliser des économies d’énergies,
  • augmenter le confort thermique des logements en prévision des périodes de canicule.

Le premier volet de la stratégie porte sur la sobriété énergétique. Tous les logements individuels et collectifs doivent respecter un seuil maximal de besoin bioclimatique (ou Bbio) inférieur de 30 % au niveau fixé dans la RT2012. Ce coefficient représente la performance énergétique d’un projet de bâtiment, en tenant compte des besoins en éclairage, en chauffage et en refroidissement.

Ainsi, les émissions de GES liées à la construction de nouveaux bâtiments doivent être réduites de 15 % dès 2024, et de 25 % en 2027. À l’horizon 2030, le taux de baisse doit atteindre 30 % à 40 % en fonction de la typologie des bâtiments.

Dans cette optique, les maisons individuelles ne doivent pas rejeter plus de 4 kg de CO2 par mètre carré par an. En respectant cette limitation, sa consommation d’énergie devrait être divisée par 10 par rapport à une construction existante. S’agissant des logements collectifs, le plafond d’émissions est fixé à 14 kg dès 2021, avant de tomber à 6 kg à compter de 2024 afin d’encourager l’utilisation de dispositifs plus propres.

Les mesures pour décarboner le secteur du bâtiment neuf

Pour atteindre cet objectif, les constructeurs devront privilégier les matériaux et équipements bas carbone, comme le bois, la biomasse, les pompes à chaleur, ainsi que les installations raccordées au réseau urbain.

En matière de chauffage, le gaz naturel est voué à disparaître sous la pression d’une réglementation plus stricte, sachant que c’est la source la plus polluante, tous types de bâtiments confondus. À la place, le biogaz poursuit son essor, tandis que l’électricité voit sa part croître en continu, en particulier celle issue des énergies renouvelables.

Dans certains bâtiments, notamment les immeubles d’habitation collectifs, le recours à l’électricité d’origine renouvelable pour se chauffer et produire l’eau chaude sanitaire au lieu des énergies fossiles permet de limiter les émissions de substances carbonées. D’ailleurs, grâce à la multiplicité des solutions électriques écologiques, pour ne citer que les équipements de chauffage à l’électricité intelligents, l’investissement nécessaire est moins lourd.

Malgré les efforts encore importants requis pour parvenir à la neutralité carbone d’ici 2050 et, comme le Premier ministre l’a annoncé, faire de l’économie française « la plus décarbonée d’Europe », le chemin semble désormais tracé pour le secteur du logement neuf.