Les dernières nouvelles

Gestion des déchets de chantier : les recommandations du projet Démoclès

Jul 24, 2017, 17:40 PM

La valorisation matière (recyclage, réutilisation, réemploi) ne concerne à ce jour que 50 % des déchets du bâtiment. La réglementation sur la transition énergétique prévoit d’élever ce taux à 70 % d’ici 2020. Pour atteindre cet objectif, une meilleure valorisation matière des déchets du second œuvre s’impose.

Le tri à la source : pour un meilleur taux de valorisation

Les déchets concernés ? Il s’agit notamment des éléments non constitutifs de la structure du bâtiment (déchets inertes, déchets dangereux et non dangereux). En raison de leur diversité, ils sont le plus souvent détruits « en mélange ». Ils ne sont recyclés qu’à 35 %. Le projet Démoclès affirme qu’il est possible d’en recycler davantage, précisément jusqu’à 80 % des déchets du second œuvre. La solution reposerait sur une meilleure organisation du secteur du bâtiment.

Pour atteindre de meilleurs résultats, le projet Démoclès insiste sur le tri à la source. Le stockage des déchets ne doit plus se faire dans une benne unique. Les mélanger nuit au processus de recyclage, car les matières dangereuses contaminent l’ensemble. Conséquence : les éléments se détériorent et ne peuvent plus être récupérés dans de bonnes conditions.

Le tri à la source présente d’autres avantages. Il nécessite de l’anticipation et de la planification. Du coup, le chantier est plus propre et génère moins d’accidents. L’utilisation de plusieurs contenants adaptés à chaque type de déchets facilite par ailleurs leur traçabilité et permet de limiter la casse.

Et contrairement aux idées reçues, cela ne coûte pas plus cher. Mieux encore, le tri à la source permet de limiter les coûts cachés (perte de temps pour l’évacuation des déchets, opérations de nettoyage, coûts indirects de main-d’œuvre…), et de réaliser des économies. La dépose sélective ne requiert pas plus de place ni de temps. Tout est question d’organisation.

L’utilisation de contenants séparés augmente également le taux de valorisation, permet un reporting concret par type de déchets, et améliore le suivi et la transparence. Dans un contexte de hausse constante du poste de traitement-recyclage, le tri redonne de la valeur au déchet. Et ce, d’autant plus face à la tendance haussière des coûts de traitement du type incinération et enfouissement.

Une redistribution des rôles

Autre recommandation du projet Démoclès : tout ne repose pas sur le dos des entreprises de travaux, tous les acteurs de la chaîne sont appelés à jouer un rôle.

L’engagement de la démarche doit venir du maître d’ouvrage. Celui-ci devant exprimer de manière claire ses attentes et vérifier les performances finales. Il peut même aller plus loin, et exiger que les déchets provenant de la déconstruction puissent être récupérés pour la reconstruction.

La maîtrise d’œuvre est responsable du diagnostic déchet et de la rédaction du plan de gestion des déchets de chantier. Il détermine les objectifs de recyclage par filière, et veille à la bonne exécution des consignes.

Les entreprises de travaux doivent pour leur part appliquer lesdites consignes, et se doter des compétences et des moyens nécessaires pour ce faire.

Enfin, les gestionnaires de déchets doivent proposer une logistique d’évacuation adaptée, et veiller à leur traçabilité.