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Débuts d’utilisation du BIM lors de la phase de déconstruction d’un bâtiment

Jun 21, 2018, 10:18 AM

Aux différentes étapes du cycle de vie d’un bâtiment depuis sa conception jusqu’à son exploitation, la maquette numérique joue un rôle grandissant. Une seule fait exception : la démolition. Pourtant, le BIM apporte une valeur ajoutée considérable en termes de recyclage des matériaux, de traçabilité des gravats, d’estimation des coûts… En France, des professionnels commencent à se pencher sur le sujet.

Optimiser la planification du chantier de démolition

Le retard en matière d’utilisation de la maquette BIM en fin de vie d’un bâtiment s’explique par le fait que les premières constructions à avoir utilisé cet outil ont encore 30 à 40 ans d’existence devant elles.

Toutefois, le secteur se prépare pour ce moment. Le Royaume-Uni, qui fait la course en tête dans le domaine du BIM, lance déjà la notion de DRIM pour « Deconstruction & Recovery Information Modeling ».

Cet outil sera consacré à la numérisation de la phase de déconstruction. La première tâche consistera à recueillir des informations sur les matériaux présents sur le site, leur nature et leur quantité, ce, afin de caractériser l’existant.

Ces données serviront ensuite à choisir les engins adaptés et la meilleure méthode à employer en fonction de la résistance structurelle du bâtiment afin d’éviter tout risque. Pour cela, l’entreprise effectuera des simulations du chantier de démolition en cherchant à optimiser la planification des travaux.

Concrètement, il s’agit de localiser les espaces disponibles et d’évaluer les possibilités de déplacements et manœuvres des engins, d’anticiper les risques de collision, de positionner les ouvertures à créer, ou encore de modéliser l’évacuation des déchets.

Préparer le réemploi et le recyclage des matériaux

La deuxième phase porte sur l’étude du potentiel réemploi de certains matériaux issus du chantier grâce à une banque numérique de données indiquant pour chacun d’entre eux les caractéristiques, l’état de fonctionnement et leur conformité aux normes en vigueur. Et si une partie est répartie entre différents sites pour d’autres constructions, la maquette numérique facilite leur suivi. En la matière, la pérennité est un enjeu majeur, ce qui impose aux professionnels du bâtiment d’élaborer des fichiers IFC susceptibles de rester lisibles dans trois ou quatre décennies.

Concernant les matériaux non réutilisables, l’outil informatique permet d’anticiper leur valorisation et contribuer ainsi à l’économie circulaire. Dans ce cadre, le volet « recyclage » devra être pris en considération dès la phase de conception, probablement sous la forme de modules intégrés à la maquette numérique. Cela présente un intérêt tout particulier pour les entreprises répondant aux appels d’offres incluant des critères environnementaux.

Enfin, les renseignements obtenus du BIM et de la déconstruction complèteraient les référentiels de qualité HQE, BREEAM ou LEED qui mesurent notamment l’empreinte environnementale d’un bâtiment jusqu’au terme de son existence.