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Au-delà de la technologie, le bâtiment durable repose sur de nombreux facteurs

May 4, 2017, 17:43 PM

La transition vers la ville durable est engagée. Tous les acteurs du monde urbain « smart » imaginent des solutions innovantes de développement durable pour des éco-quartiers et des bâtiments respectueux de l’environnement. Parfois en tendant vers une confiance quasi aveugle dans la technologie.

Le danger d’une confiance excessive dans la technologie

Dans les secteurs de l’immobilier et de l’aménagement urbain, la conscience des enjeux économiques, sociaux et environnementaux est générale, et les actions se multiplient. Toutefois, la tendance est à une confiance excessive, voire exclusive, dans la technologie.

Or, certaines difficultés sont d’origine humaine et ne peuvent être résolues uniquement par la technique. C’est le cas du bâtiment, unité de base de la ville, et des gaz à effet de serre qu’il produit. Au lieu de se focaliser sur son exploitation, il faut tenir de l’ensemble de son cycle de vie, de sa construction à sa démolition pour mesurer son réel impact.

Performances thermiques élevées, mais…

Les bâtiments érigés au cours des dernières années sont tous respectueux des normes de performances thermiques. Les innovations se poursuivent pour minimiser les coûts et maximiser le confort des utilisateurs.

Mais au-delà de la question purement technique de l’énergie, l’emplacement a un impact important sur le bilan carbone global d’un bâtiment HQE, l’éloignement avec les transports en commun améliorant cet indicateur. Or, les ménages et les entreprises sont désireux d’évoluer dans un environnement à la fois sain et bien desservi.

Les organisations, comme les pouvoirs publics, doivent par conséquent œuvrer à proposer des systèmes de transport publics efficaces pour améliorer la mobilité des personnes et leur productivité (utilisation des outils numériques pour vulgariser le télétravail et les horaires décalés, construction de quartiers denses…)

De la nécessaire adaptabilité des bâtiments

Un autre enjeu crucial porte sur la durée de vie des constructions. Une stratégie « raisonnable » en termes d’intégration des technologies semble la plus judicieuse. En effet, même si l’audit énergétique d’un bâtiment affiche une excellente performance, il peut devenir obsolète plus rapidement qu’un autre, moins performant sur le plan thermique, mais utilisable deux fois plus longtemps.

Une des principales raisons est de l’évolution très rapide et souvent imprévisible des technologies et des usages. Pour limiter les pertes d’investissements, il est préférable d’opter pour des espaces simples et flexibles pour s’adapter à toutes les évolutions.

Le contexte urbain, socle de la valeur d’un bâtiment

Enfin, bien qu’il soit tentant de multiplier les innovations et les investissements pour augmenter la valeur des bâtiments, sur le long terme, la qualité du quartier l’emportera toujours sur la sienne. Même s’il est esthétiquement très réussi et doté de fonctionnalités originales, il ne sera prisée des acheteurs ou locataires que si elle se trouve dans une zone accueillante. Cela implique un accès facile, la sécurité, l’existence de logements, de commerces et autres services indispensables, d’équipements, ainsi que d’activités sportives, culturelles, etc.

Pour parvenir à une ville vraiment intelligente et durable, attention donc à « l’illusion technologique ». La clé est d’impliquer toutes les parties concernées : les professionnels du bâtiment et des travaux publics, les promoteurs, les collectivités, les opérateurs de transports publics, les responsables de la gestion des services urbains…, sans oublier les entreprises et les citoyens